Tous nos secrets s’effacent, lorsque tombe la pluie
Tel un poignant fardeau, qui te voit disparaître,
Encrier de vos maux, scellé sur belles lettres
Je parcoure vos lignes, que l’on trempe de pluie
Pour observer les cygnes, s’abreuver de nos cris.
Tels des présents de faux, que l’on voit apparaître
Effaceurs de tombeaux, quand vient l’heure de ces traîtres
Je délivre les couloirs, que l’on couvre de sel
Pour que vive l’espoir de trouver le Sahel
Tels des puissants couteaux, qui écorchent vos pages,
Lames blêmes de peau, que je vois en image
Je rature vos pensées qui se lèvent en traces
Oubliant les secrets, que vos hommes ressassent
Lorsque tombe la pluie,
Moi je forme des rimes
Puis je peins de mes « si »
Des présents qu’on dessine.
Lorsque tombe la pluie,
Toi tu caches nos rires
Pour ne dire que cri
Lorsqu’on trace les tirs.
Telles des marques de sable qui se posent dans l’oubli
Grains de fil, misérables que j’envoie aux abris,
Je soupire en donnant des tempêtes de baisers
Qui se cachent dans le temps, des cabanes fermées
Tels des flocons tombant, lorsque l’éclair arrive,
Neige blanche qui s’étend, en recouvrant les rives
Je souris aux demains, en songeant à nous deux
Pour ne croire qu’au refrain, des enfants malheureux.
Lorsque tombe la pluie,
Je m’enfuis aux rivages,
Tel l’oiseau dans son nid
Qui carresse son plumage
Lorsque tombe la pluie,
Tous nos secrets s’effacent
Lorsque tombe la pluie,
Le silence se fait glace.
Sahel
