Archive for juin, 2008

Tant que leurs yeux guideront mes pas.

juin 6th, 2008 -- Posted in Poésie | Pas de Commentaires »

Je me souviens du vide qui tourmentait leur âme
Et des rêves brûlants dans les larmes des hommes.
J’ai gravé le silence au recoin de l’infâme
Pour mêler les couleurs en leurs tristes royaumes.

Mais le temps aura peint ses lambeaux de misère
Qui ornent ainsi la tête d’une enfance perdue.
Au brasier de la vie que l’on n’saurait faire taire
S’échappe à tout jamais l’innocence vaincue.

Je me souviens pourtant de vaines cicatrices
Sur leurs peau tatouée au flambeau de la vie.
Non pansées mais pourtant pas moins destructrices
Qui tailladent leurs corps au cachot du mépris.

Je m’y prend à tracer d’insondables tristesses
Dans le cÅ“ur de l’enfant, de l’enfant que j’étais.
Quand l’oiseau vient poser ses mortelles promesses
Dans le corps poussiéreux de cette éternité.

J’ai torturé mes mots jusqu’à leur dernier souffle
Et manié mes pinceaux aux forces de l’image.
J’ai dessiné la nuit où le temps se camoufle
Brûlé les souvenirs aux flammes d’une page.

A l’orée des jours qu’il nous reste à gravir
On effleure l’écho de l’enfant que nous fûmes
On sent les nuits s’étreindre au piteux devenir
Immortelles douleurs au silence d’une plume.

Ils se réveillent enfin se lassant de la vie
Sur la cime du temps que le soleil assert.
Tant que le matin hurle et que tombe la pluie
Ils se cacheront là : dos à cet univers.

Ils ont tête baissé et corps meurtri
Le bourreau recommence dans le froid des souvenirs
La violence grisâtre qui tourmente sa vie
Gravera à jamais leur envie de mourir.

Je me souviens encore du tourment de leur âme
Et des rêves brûlants dans les larmes des hommes
Quand venait le malheur aux chimères infâmes
Foudroyant l’avenir et les rêves des mômes.

Je m’y prend à tracer d’insondables tristesses
Dans le cÅ“ur de l’enfant, de l’enfant que j’étais.
Quand l’oiseau vient poser ses mortelles promesses
Dans le corps poussiéreux de cette éternité.

Sahel.

Dessine-moi un rêve.

juin 5th, 2008 -- Posted in Poésie | Pas de Commentaires »
Dessine-moi un rêve
Dessine-moi un rêve

C’est à la fleur de ce pinceau

Quand la journée s’est voulue trêve
Alors que tu couchais en berceau
Que ta mère peignit ce rêve.

Elle a choisi pour toute toile
Le seul écho de ton sourire
Comme ce matin dont le voile
N’est qu’ombre sur ta peau de cire.

Sur un banc pour toute compagne
Elle y invita son enfance
Pour te parler des montagnes
Et des phares qui se balancent.

Si le soleil de ses épines
Ne rougis plus de sa fortune
On te contera ces “caplines”*
Qui ombrageaient jadis les brunes.

Cette métisse d’origine
S’asseiera tout contre toi
Pour ne chanter que les comptines
Et les histoires d’autrefois.

Elle te mènera sur les flots
Vers ces terres si lointaines
A l’ombre des vieux filaos
Comme une danse Bohémienne

Et les collines de la nuit
Galberont leurs gros dos usés
Pour s’évanouir m’a t-on dit,
Au parfum des dernières rosées.

Ils sont venus, ils sont présents
Amis d’armes des premiers jeux
Retenir la course du vent
Dans la paume d’un regard curieux.

Mais le ciel sera bien lointain
Si assis tout contre ton coeur
Je ne signe sur ton chemin
Que nos noms pour toute demeure.

Alors, sur cette page qui se fend
Puisque l’encre n’est pas la sève
Je te laisse mon enfant
Bien seul te dessiner ton rêve.

Tu t’inventeras tes tableaux
Où naîtront ce que tu voudras
Où les barques seront bateaux
Sur l’océan que j’ignore déjà.

Et aux pieds de tes rivages
Tu garderas en ton royaume
Les souvenirs de tes voyages
Qui feront de toi un homme.

Et quand tu diras, père à ton tour
Quand viendra la nuit qui s’achève
“Dors-bien” au fruit de ton amour.
Tu penseras du coin des lèvres
Comme l’épouse sur la grêve
“Fiston, dessine-moi un rêve.”

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note: “caplines”= chapeau de paille créole presqu’aussi large qu’un sombréro portée jadis par les femmes.
“Filaos” = arbre des îles tropicales.

D’après un dessin de Sahel
Dessine-moi un rêve interprété par Sahel écrit par Ice-Raphaël.
Accompagnement musical arrangé par Ice-Raphael d’après l’oeuvre libre de droit de Etreinte de Stéphane Druot.
Visitez son site http://lacrymosa.tuxfamily.org où il défend la musique libre de droit.
Choisi pour ce clin d’oiel car les rêves des enfants sont eux aussi libres de droit.

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