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Quand les maux sont bafoués aux mots de la critique

avril 27th, 2008 -- Posted in Poésie | Pas de Commentaires »

C’est dans les poches grises du banc de l’école
Que nous laissons les rêves de l’enfant que nous fume
S’endormir à jamais comme sèche une colle
Au soir d’un hiver à l’encre d’une plume.

C’est en ces prestes vers de pages trop muettes
Que se grave l’absence au ciel qui larmoie
Fardé de pourpre sang tel celui du Poète
Qui encore en son sein se mutile parfois.

Ils semblent cicatrices mais n’en sont pas moins tendres
Humble de leur douleur et des rages à vivre
Au ballet de l’absence est venu les attendre
Les maîtres initiés à la plume trop ivre.

Ils s’agitent à mes yeux en musique gracile
Et pleurent leurs tourments aux bras de la critique
Dont l’orgueil est donné par des mains malhabiles
Qui jugent que la faute bouleverse l’art cantique.

Le viol de ces mots me semblait pourtant mort
Aux juges d’une vie qui attisent la tendance
Le désert de couleur cri et perce encore
Nos veines entaillées dans le flot du silence.

La peine pourtant forte à l’oeil des mortels
Assourdie les présences et brûle le peu d’espoir
Qu’en cendre de l’oubli ils en piétinent l’ail
En vulgaires paroles à l’encre défouloir.

Nous concédons nos maux à cette Poésie
Dont l’outrage est un tort à panser sans un mot
Et l’adresse, un point à poser sur la vie.
D’un regard innocent qui se noie dans le beau.

A l’élite insensée qui encense le verbe
Pour tendre ainsi la gloire aux images faussées
En éclat de vouloir que nos plumes acerbes
Mélangent prestement aux songes avoués.

D’un soleil timide dévoilant le sang chaud
De ses rayons ardents qui se mettent à offrir
La douleur d’une page dont l’encre vient trop tôt
Et donne à ses peurs l’illusion de s’enfuir.

Sahel.

Je n’ouvre pas les yeux puisque le monde est mort.

avril 27th, 2008 -- Posted in Poésie | Pas de Commentaires »
Je n’ouvre pas les yeux puisque le monde est mort.

Je n’ouvre pas les yeux puisque le monde est mort.
Les nuits chaudes et trempées dans l’encre silencieuses
Ne dessinent même plus les traces de ces corps
Mais taisent à jamais nos chansons malheureuses.

Les mots ne brûlent plus qu’aux cendres de l’absence
Et percent le présent de phrases raturées
Nul point retour aux virgules en errances
Qui efface le vent en gommes d’un jamais.

Je n’ai pas su te dire à quel point j’attendais
Tes songes chifonnés sur mes ailes d’enfance,
Le salé de ta peau sur le sang de mes plaies
Qui bouleversent mes choix pour peu qu’ils aient de sens.

Explose le silence aux pinceaux d’une terre
Les foudroyantes bombes aux couleurs déchirées
Qui ont bercés ta vie aux portes de la guerre
Dont les maux se bataillent pour un coeur à serrer.

Nous aurions dû refaire cette semblante vie
Que je pleure encore à l’ombre de mes jours
En larmes de papier sans nul autre répis
Que des mots ficelés aux pages sans retour.

Grisaille les combats sur des feuilles amères
En matins coléreux sans nulle délivrance
Quand les printemps de pluie à l’ombre de la Terre
Se cachent dans ces vers à l’encre d’une absence.

Je n’ouvre pas les yeux puisque le monde est mort.
Les nuits chaudes et trempée dans l’encre silencieuse
Ne dessinent même plus les traces de ces corps
Mais brûlent à jamais nos chansons malheureuses.

Sahel.

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